Miscanthus, un encouragement pour les bioénergies

Le miscanthus est une graminée vivace dont la plupart des espèces proviennent d’Asie.
Cette plante pérenne riche en lignocelluloses, offre une nouvelle filière d’énergie renouvelable (biocarburant, chauffage, électricité,…), qui devient un thème incontournable dans le cadre d’une politique énergétique durable et de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Cette culture constitue donc une nouvelle alternative de production d’énergie respectueuse de l’environnement, à l’échelle industrielle.
[Source inra.fr]
1 ha de Miscanthus (en moyenne un rizohme par mq) est equivalent de 6000 à 8000 l de fuel.
[Source www.sk-haustechnik.de]
Une source « idéale » de combustible : la Miscanthus Giganteus fait l’objet d’étude scientifique
Cette plante vivace, qui peut mesurer jusqu’à 4 mètres, a démontré bon nombre d’avantages en terme de production d’énergie, comparativement aux combustibles fossiles. La plante conserve de l’azote dans ses racines tuberculeuses et pousse facilement après chaque récolte, la qualifiant donc de source d’énergie renouvelable.

Même si la production de la Miscanthus Giganteus est presque aussi coûteuse que celle du charbon, l’énergie est propre. La quantité de CO2 produite quand les fanes récoltées brûlent équivaut aux quantités absorbées pendant la vie de la plante, alors l’émission net de CO2 est nulle.
Le professeur Stephen Long de University of Illinois dit que la plante pourrait devenir un rival important aux émissions de GES, le contributeur principal au réchauffement planétaire.
La biomasse est déjà utilisée en Europe. En Suède, plus de 15 000 hectares de saules poussent dans une récolte cyclique à court taillis. Cette culture produit un biocarburant pour les centrales d’électricité et le chauffage urbain. Les centrales électriques existantes peuvent être modifiées pour utiliser la biomasse comme source de carburant.
La Miscanthus perd ses feuilles en hiver et les fanes sont récoltées au début du printemps. Les fanes sèches, sans feuilles, peuvent être utilisées comme combustible solide similaire au charbon.
La plante grandit facilement, nécessitant peu d’eau et d’engrais. Vu sa grande taille, elle dépasse les autres herbes et n’est pas affectée par la plupart des maladies. Ses capacités sont assez faramineuses ; elle produit jusqu’à 30 tonnes de matière sèche par acre annuellement.
Puisque l’hybride du professeur Long est stérile, le seul moyen de le reproduire est à partir de coupes. En plus, comme les racines ne s’étendent pas beaucoup, il y a peu de danger qu’il devienne envahissant.
Les scientifiques de University of Illinois estiment que si 10 % de la superficie de l’Illinois était consacré à la culture de la Miscanthus, la plante pourrait fournir 50 % de l’électricité de l’État.
Certaines informations pour cet article ont été fournies par le University of Illinois News Bureau.
11/10/05
[Source www.cndwebzine.hcp.ma ]
Rendement énérgetique 2006 en février
- - fioul 0,062 €
- - gaz nat 0,050€
- - propane 0,103 €
- - electricité entre 0,110 et 0,116 €
- - bois bûches 0,029 €
- - plaquettes 0,021 €
- - granulés bois 0,040 €
- - blé 0,021 €
prix TTC et au kWh [Source forum.lamijardin.net]
Projet : http://www.volmer-gmbh.de/html/miscanthus.html
PDF de l’ademe
Le miscanthus, combustible biomasse prometteur

Nom : miscanthus giganteus (l’herbe à éléphant, roseau de Chine)
Origine : Asie.
Particularité : culture énergétique idéale pour la production de chaleur et d’électricité.
En France, cette plante vivace vient pour la première fois de passer du stade expérimental à la production commerciale. [...]
Cette plante, également appelée “herbe à éléphant”, pourrait jouer un rôle majeur dans le développement de la biomasse énergétique. En France, la toute première récolte, destinée au marché industriel, a eu lieu en Bretagne, au printemps dernier. 500 tonnes de ce simili-bambou ont été coupées par une ensileuse, sur une surface de 40 hectares. Un rendement de 12, 5 t/ ha, qui peut atteindre plus de 20t/ha selon la maturité de la plante et les conditions climatiques.
[...]
Un pouvoir calorifique étonnant
La totalité de la production a été achetée par le groupe Lafarge Ciments, séduit par l’étonnant pouvoir calorifique du miscanthus, plus élevé que la plaquette de bois. Son PCI (pouvoir calorifique inférieur) est en effet d’environ 4700 kWh/t, contre 3300 pour la plaquette, ce qui le rend très rentable, selon Bical.
Créé en Asie à partir des miscanthus sinensis et sacchariflorus, cette graminée hybride peut remplacer jusqu’à 50% du charbon dans une centrale électrique ou une chaudière industrielle, sans modification technique. Il peut aussi se substituer au bois-énergie des chaudières et poêles individuels. Lors de sa combustion, il émet moins de dioxyde de carbone (CO2) qu’il n’a emmagasiné, car une partie de ce dernier est stocké dans ses rhizomes, des tiges souterraines capables d’engendrer de nouvelles pousses. Un bon point pour les industriels qui veulent préserver leur capital de crédits carbone.
Jusqu’à l’arrivée de Bical en France, le miscanthus n’était cultivé que dans le cadre d’expériences scientifiques, alors qu’il a atteint le stade commercial en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a procédé à des essais en plein champ, et étudié, avec la société Kalys, à Roubaix, les moyens de réduire le coût de production des pieds de miscanthus. Conclusion : la culture in vitro, le bouturage et la plantation en terre sont compatibles avec les objectifs d’économie agricole.

“Aucune maladie ni ravageurs connus”
La plantation de l’herbe à éléphant nécessite cependant des moyens financiers et humains importants, car elle n’est pas mécanisable. Les plants doivent être mis en terre à la main, dans un sol aéré et creusé de sillons. La première année, l’élimination des adventices (les mauvaises herbes) est nécessaire pour permettre au miscanthus de bien prendre racine et grâce à ses rhizomes produira de nouvelles tiges aériennes au cours des années suivantes. Le désherbage peut être assuré mécaniquement, au moyen d’une herse, ou chimiquement. Bical a choisi cette dernière solution. “Nous utilisons un désherbant homologué uniquement la première année, car à partir de la deuxième année, les feuilles se dessèchent au début de l’hiver et tombent sur le sol, constituant un nutriment naturel et empêchant l’apparition des adventices, précise le directeur général. Nous n’utilisons pas non plus de fongicide ni d’insecticide, puisqu’il n’existe aucune maladie ni ravageurs connus, à part les blaireaux.”
L’herbe à éléphant abrite d’ailleurs de nombreux animaux, dont la nidification n’est pas perturbée par la moisson, réalisée en mars, sur un sol sec ou encore gelé, pendant le début du nouveau cycle de pousse. Culture pérenne, le miscanthus repousse naturellement, et peut être exploité sur une période de 5 à 18 ans. Il peut atteindre une hauteur de 4 mètres. Et comme il est stérile, le risque de dissémination est nul.
Reconversion de terrains pollués en Ile-de-France
Plusieurs études ont mis en évidence sa capacité à croître en terrains agricoles ou industriels pollués. Dès 1992, deux chercheurs japonais démontraient sa grande tolérance face à de fortes proportions de métaux lourds dans le sol, et son faible taux d’accumulation de cadmium dans ses feuilles (1,75 mg/kg).
Des résultats confirmés en France par les études de l’Inra, qui participe à la reconversion des anciens champs d’épandage de l’agglomération parisienne vers des filières agricoles. L’opération de 750 000€ implique le conseil régional d’Ile-de-France, et doit durer cinq ans, de 2006 à 2011. Le miscanthus sera testé au même titre que d’autres végétaux (seigle, taillis à rotation rapide…). Objectif : “retrouver, en cinq ans, sur ce secteur pollué, un nouveau système d’activités agricoles durables, axées sur des productions à des fins non alimentaires,” indique un rapport de la Région de mai 2006.
Même si les qualités du miscanthus sont reconnues, le coût de sa mise en œuvre, la concurrence des autres énergies renouvelables et la difficulté de convaincre les agriculteurs sont autant de freins à son développement. Mais pour Emmanuel de Maupeou, la principale barrière est “psychologique”. “Un certain nombre d’environnementalistes réprouvent l’arrivée d’une plante non-indigène, mais ils oublient que c’est aussi le cas du maïs ou de la pomme de terre.”
Raphaël Baldos
Mis en ligne le : 10/08/2006
[Source www.novethic.fr]
+ Info
- miscanthus.pdf (source ademe)
- www.champagne-ardenne-tech.fr
- inra.fr
- bioenergy.ornl.gov (anglais)
- www.cndwebzine.hcp.ma
- blog.france2.fr
- www.novethic.fr
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